Raphy Rafaël | Le Ligueur | Anne Dereine | Belgique
Enregistré « live » devant un public qu’on devine pas très nombreux, vu l’impression intimiste qu’il dégage, le nouveau disque de Raphy Rafaël est à classer parmi les disques rares.
C’est, conjugué à tous les sentiments, dans toutes les langues, sur tous les continents, le refrain la vie, l’amour, la mort. Et, que l’on naisse « negrito » d’une « mamita » des Caraïbes, « enfant rouge et noir » en Amérique du Nord ou Gitane aux mains de magicienne, on grandit tous avec le besoin d’aimer et d’être aimé, on a tous, comme Les trois soeurs inspirées de Maurice Maeterlinck, un passé, un présent et un avenir, et l’on s’interroge tous, devant un Bon-papa Grand-père, sur le mystère de la mort. À travers des textes poétiques et denses fort bien écrits (ou adaptés d’autres auteurs), Raphy Raphaël rend hommage à la vie sous toutes ses formes, éclatante de sensualité : évocation de caresses, de parfums, de toutes les émotions qu’ils suscitent ou ressuscitent, de la joie d’être amoureux à la tristesse des « papas qui pleurent aussi ».
Hymne à la vie, à la Pachamama indienne, terre mère nourricière, à tous ces enfants qui, comme Le petit poucet, ont la force d’inventer un « monde merveilleux » où chacun à sa place. Histoire racontée, poèmes dits en rythme et chansons sont accompagnés discrètement et avec spontanéité par un groupe d’enfants manifestement complices. Sur le plan musical, à la voix et à la guitare de Raphy Rafaël viennent s’entremêler les accents flamencos de la guitare d’Alain Everts et les sonorités chaudes de la contrebasse d’André Klénès, avec une simplicité remarquable. Un disque qui suscite des réflexions, qui parle au coeur de chacun, petit ou grand, puisque nous sommes tous les enfants de notre enfance…

© M.Glik
Anne Dereine | Le Ligueur | novembre 2002 (Belgique)
Tags: Emotions, hymne, maman, papa, sensualité