Raphy Rafaël | spectacle | chanson | enfants | adultes | musique | guitare


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A Mouscron | Raphy et son équipage

Publié le Mercredi 16 décembre 1992

Le temps, passeur d’images, pose ses empreintes au cœur du nouveau spectacle de Raphy Rafaël. Il se joue des mlimites pour mieux les défier. Il trace le plaisir d’exister et le seuil de la mort, la journée qui commence, les choix définitifs.
Les chansons de Raphy racontent des histoires. Celles des enfants joyeux « au loin buissonnant ». Celle des trois sœurs parties chercher la mort. Celle du garçon amoureux pour qui les mots se bousculent. Celle d’une grand-mère jouant à saute-mouton. Celle de la naissance à apprivoiser.
Humour et fantaisie, tendresse et chuchotements : les textes ourlés d’images translucides épinglent la douceur des moments privilégiés (maman, toi qui sais tout lire dans les livres) ou l’efficacité d’une écriture (hop, dans le bain sous-marin comme un requin). En rejoignant Vigneault et Maeterlinck, les mots célèbrent la légende ou le poème. Pour faire trace.
Mise en scène par le talentueux Didier de Neck, le nouveau récital de Raphy ouvre le livre aux pages fébriles de l’enfance. Le champ musical s’est étendu pour offrir une intense harmonie de couleurs sonores. Deux violoncellistes, Pascal Mattot et Jean-Paul Zanutel, répondent aux joueurs de contrebasse ; André Klenes. Connivence. La guitare flamenca d’Alain Evert inventorie les arpents rythmés. La voix du chanteur (guitariste lui aussi) se fait claire et décidée. Les recherches sonores de Philipe Dineur jouent la sobriété, comme les éclairages chaleureux de Damien Désirant. Aux costumes, Françoise Colpé ajoute une griffe personnelle, coté jardin d’hiver.
Un évident travail de création et d’équilibre accorde les musiques, les mots et les silences. A bord du voileir des enfants, Raphy et son équipage arpentent un océan qui éclabousse aussi les regards.

Françoise LISON
Courrier de l’Escaut déc 92

Raphy Rafaël, aux racines de l’enfance | Le Ligueur | décembre 1992

Publié le Mercredi 9 décembre 1992

« L’enfance, qui peut nous dire quand ça finit ? Qui peut nous dire quand ça commence ? » Cette interrogation que posait Jacques Brel, Raphy Rafaël la fait sienne également, lui qui aime à se définir « chanteur d’enfances ».

Enfance plurielle, pas seulement celle du temps de l’enfant, mais aussi celle qui se vit au quotidien en chacun de nous, celle dans laquelle sont enracinés tous nos actes d’homme et de femme. Pour la création de son tout nouveau spectacle, Raphy s’est adjoint la complicité intransigeante de Didier De Neck, un vieux copain attaché au Théâtre de la Galafronie, qui l’a poussé jusque dans ses derniers retranchements, l’obligeant à mettre bas les masques et l’aidant à affiner la démarche de rigueur et de dépouillement déjà bien perceptible dans son spectacle « Tout doux ». Ainsi point d’effets tapageurs dans la sonorisation, les costumes et les éclairages, traités avec une grande sobriété par Philippe Dineur, Françoise Colpé et Damien Désirant. Point non plus de décor extérieur pour camoufler d’éventuelles faiblesses : tout est dans la présence des artistes. Car Raphy chanteur et guitariste n’est pas seul sur scène : il est accompagné d’un ensemble à cordes peu habituel dans les récitals : violoncelles (Pascal Mattot et Jean-Pol Zanutel), contrebasse (André Klenes) et guitare (Alain Everts), qui créent un climat sonore propice à l’écoute de cet autre espace grouillant de sons, qui nous laisse face à nous-mêmes et sans lequel aucune musique n’est possible : le silence. Silence et musique prennent toute la place, même pour introduire les chansons, c’est la musique qui parle d’elle-même : consonances classiques flirtant avec les syncopes du jazz, petites trouvailles de sons filtrés rythmés, de sonorités africaines, touches de flamenco puisées aux origines espagnoles de Raphy. Tout cela « sonne » vrai, parce que faisant partie intégrante de la personnalité de chacun, chanteur ou musicien.

Quant au propos, il dépasse de loin la chansonnette pour enfants : au travers de treize chansons sélectionnées parmi une quarantaine (dont une petite moitié tirée de l’album « Doux, bisous doux », quelques-unes plus anciennes et cinq tout à fait inédites), c’est le cycle de la vie -la naissance, la peur, l’amour, la mort- qui est évoqué de manière tantôt grave, tantôt fantaisiste, mais avec, toujours présentes, cette « immédiateté », cette authenticité propres à l’enfance, qui font jaillir l’émotion au plus profond de l’être humain, quel que soit son âge. A chacun de se mettre à l’écoute de ses propres résonances…

guitare | Raphy Rafaël

© M.Glik

Anne Dereine | Le Ligueur | décembre 1992