Une voix chaude, prenante, des paroles riches de sens, une musicalité puisée aux sources espagnoles, belges et africaines : Raphy Rafaël est un artiste au cœur engagé qui excelle autant dans ses spectacles intimistes que dans les concerts où il est accompagné de chœurs d’enfants. Zahori, son dernier CD, est à déguster sans modération.
Seize nouvelles chansons, quatre voix d’hommes, guitares et instruments en bois pour un univers lumineux dans ses ombres, léger dans sa profondeur, élégant dans son impertinence. Voici résumé le dernier album de Raphy Rafaël : Zahori. Un album pour enfants ? Certes mais pas uniquement. “C’est surtout un album pour les vivants, garanti sans colorant ni exhausteur de goût”, clame Raphy Rafaël qui entraîne petits et grands dans un périple musical prolifique, flirtant avec les musiques du monde, l’enfance et l’universel. L’homme chante “la vie, ses étonnements, ses ombres, ses émerveillements, ses vagues, ses creux, ses bosses, ses rencontres, ses détours…”. Il n’y a pas de sujet tabou mais les sons et les mots sont maniés avec une rare poésie, et le chanteur utilise les ressorts de l’humour avec beaucoup d’à propos. C’est le cas dans sa chanson “Hou-la-la!” qui parle avec beaucoup de pudeur à l’enfant de l’acte d’amour entre ses parents. “Il paraît que c’est ainsi que je suis né. D’ailleurs ils ont l’air d’avoir tant de plaisir. Qu’il paraît que je suis l’enfant de leurs désirs. L’enfant de leurs délires”.
Un autre titre original sur cet album est très certainement “Comme la moitié de la Belgique…” que le chanteur présente volontiers comme le Nouvel Hymne International Belge et qu’il nous invite à télécharger gratuitement “vu les circonstances politiques actuelles”(1). Raphy Rafaël y lance un message de tolérance à ses concitoyens. Peut-être aussi un message de bon sens aux responsables politiques pour ne pas faire voler en éclat notre petit pays : “Moi qui suis moitié Flamand. Comme la moitié de la Belgique. Et Wallon l’autre mi-temps. Comme la plupart des gens. Et Bruxellois entre-temps. Comme la moitié de la Belgique. Je trouve ça très amusant. Et je rigole à plein temps”…
Joëlle Delvaux – 16/12/2010