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Hou-la-la | Point de vue !

Publié le Vendredi 17 avril 2009

Sujet : |-> chanson Hou-la-la

J’ai, à la demande d’un ami, eu l’opportunité de prendre connaissance d’une de vos dernières créations musicales. Je crois comprendre que cette chanson suscite d’ores et déjà des réactions diverses et souhaite, par le biais de cette lettre apporter un témoignage personnel supplémentaire.

Je l’ai tout d’abord lue et ai était surprise par la franchise des propos. Peut être serait-il plus honnête de dire que cela m’a un peu choqué puisqu’il s’agit d’une chanson pour enfant et non pour adulte… En tant qu’adulte, je n’ai pu que noter le graphisme que certains mots ou expressions amènent à l’esprit. J’ai dans un second temps, réaliser que les enfants n’ont pas du tout le même rapport avec ces mots et expressions (s’envoyer en l’air, nombril qui ruisselle de miel, rugir, bramer, miauler, etc…). Je l’ai ensuite écoutée et là, je me suis franchement esclaffer de rire. Comme la majorité des gens, j’ai été séduite par la chanson. Le graphisme si évident de ma première lecture a complètement disparu. Depuis, Je l’ai écouté quatre fois et l’apprécie un peu plus à chaque fois.

Je pense sincèrement à ce stade que cette chanson est d’utilité collective… Elle a un rôle majeur d’information et de prévention. Elle est un soutien parental naturel pour ces premières années durant lesquelles l’enfant pose les bases de son avenir affectif et sexuel que l’on ne peut et doit dissocier. Répondre sans honte ni gêne aux questions des enfants, réagir sereinement à leurs agissements permet de leur transmettre une image saine de la sexualité et d’instaurer un climat de confiance entre parents et enfants et plus tard entre partenaires. Ne rien dire, ne pas répondre ou vaguement, revient à établir un malaise, une gêne réciproque qui peuvent faire obstacle, plus tard, à une vie sexuelle épanouie.

Le développement psycho sexuel des enfants est une phase importante et indéniable de leur croissance et de leur futur équilibre d’adulte. Beaucoup d’adultes, peut être par manque de maturité et peut être aussi par habitude culturelle ont une image asexuée de l’enfance. Rien n’est plus loin de la réalité et refuser l’existence de cette étape est dénigrer la formation d’une partie de l’identité de l’enfant. Il est donc important pour ne pas dire crucial de parler aux enfants…

A ce sujet, les experts de la petite enfance, prennent le parti que l’on peut commencer l’éducation sexuelle à partir du moment où l’enfant initie les premières questions sur le sujet. Mais on peut, cependant, considérer qu’elle commence dès les premiers jours de vie de l’enfant par le biais de l’affectif et par les comportements naturel des parents. Il a été démontré que les jeunes gens les plus informés sur la sexualité n’étaient pas pour autant ceux qui passaient le plus tôt à l’acte, mais au contraire avaient tendance à retarder leur « première fois » et avaient une meilleure connaissance de la contraception. Plus ils en savent sur le sujet, plus stable ils sont dans la découverte de leur sexualité. A contrario, il est prouvé que des curiosités restées insatisfaites, des questions sans réponses et une ignorance en matière sexuelle participent à la constitution d’une stimulation, d’un désir d’expérimentation direct plus précoce de l’acte avec tous les dangers qui en découlent…

Il est souvent providentiel de profiter d’un reportage sur la reproduction des animaux pour répondre aux questions des enfants, ou encore de la lecture d’un livre sur le développement de l’être humain. Les livres spécialement conçus pour les enfants sont nombreux et généralement bien faits. Une tierce personne ou programme permet d’installer un début de communication saine. Lorsque l’on prend soin de s’informer sur les nombreuses sources (souvent triviales) par lesquelles les enfants et adolescents apprennent les concepts de la sexualité humaine, on ne peut que se réjouir du tour de force poétique de votre chanson. Cette dernière met en valeur le lien intrinsèque entre la sexualité et l’affectif. La société occidentale a la fâcheuse manie de catégoriser les différents aspects de la vie et de supprimer ces liens, ou pourtant, le cœur même de la vie prend toute sa forme et son sens (La tête en opposition au corps ; la raison en opposition aux émotions ; l’amour en opposition à la sexualité). Supprimer l’un, c’es annihiler l’autre. On ne peut sainement agir sans l’usage de sa tete, raisonner sans reconnaitre ses émotions et aimer sans sexualité.

Il est dommage mais inévitable que quelques personnes se fâchent a l’écoute de cette chanson. Pour certains, parler de sexualité a des enfants relève d’une certaine forme d’’inceste ou de viol émotionnel. Quand on vous explique mal ou pas du tout les choses de la vie, on peut difficilement, en parler à sa progéniture. Cela n’engage que moi, mais il me semble que la sexualité leur fait peur comme elle fera peur à leur enfant. Leur croisade est plus souvent une tentative d’auto protection qu’une tentative de protection légitime de leur enfant.
Il y a encore de nombreux tabous en ce qui concerne la sexualité. La notion que l’enfant est un être sexué en constante évolution, l’acte et le langage sexuel. On le fait certes, mais de la a en parler… Le tabou de l’acte sexuel en a pris un sacre coup dans les années 60. Le langage sexuel s’est lui aussi nettement relaxe ces dernières décennies mais malheureusement souvent de façon grossière et dont les connotations évoquent plus souvent des actes mécaniques que des actes d’amour. Il reste d’autant plus sacre lorsqu’il s’agit de l’enfance.

Il est parfois dit que les enfants sont essentiellement élevés avec les idéaux de la génération des grands-parents. Les parents qui ont entre trente et quarante ans élèvent leurs enfants avec les idéaux de leurs parents qui sont nés entre 1930 et 1945. Tout le monde ne suit pas, bien sur, ce schéma. Il est cependant plus courant qu’on ne le pense. Ma famille est un bon exemple. Ma mère a toujours été très libérale et mon père très puritain. Généralement, J’ai reçu une éducation typique des années 45-55 et pourtant je suis née en 69. Si cet argument est valide, il explique peut être partiellement la lenteur avec laquelle les tabous sexuels tendent à disparaitre.
Quoi qu’il en soit, à la lecture des autres témoignages, il apparait évident et rassurant que la grande majorité des gens accueillent cette chanson avec enthousiasme. Aussi, a priori, il me semble que les programmateurs ne refuseront cette chanson que si une majorité de gens annulent leur achat de tickets ou si des associations religieuses de poids peuvent faire suffisamment pression, ce qui n’est manifestement pas et heureusement le cas. C’est le genre de chanson qui peut provoquer un questionnement de fond dans la société francophone. Cela n’est pas forcement une situation négative si vous vous préparez comme cela semble être le cas. La publicité qui pourrait s’ensuivre peut facilement amener Raphy à prendre une place de premier choix parmi les artistes. D’un point de vue marketing, Raphy à ici, une chanson en or…J’espère que les gens qui l’entourent sauront faire leur travail.

Je vous souhaite une bonne continuation et vous félicite pour le courage de vos engagements. Revenez vite aux États-Unis. On a besoin d’artiste comme vous !.

Nathalie Hervy
Professeure de français, licenciée en psychologie et éducatrice aux Etats-Unis.

« L’art doit découvrir et révéler la beauté que le préjugé et la caricature ont dissimulée ».

Alan Locke

Raphy Rafaël | Pachamama | Télémoustique

Publié le Samedi 8 novembre 2003
Raphy Rafaël | Pachamama

Raphy Raphaël est en tournée, nous l’avons annoncé. Il est grand temps de parler de son album Pachamama. En Quechua (langue des Indiens d’Amérique du Sud), c’est « notre mère la Terre ». Raphy lui rend hommage ainsi qu’à la vie, de l’enfance à la vieillesse… Des thèmes parfois graves, comme la mort, toutefois évoquée avec l’intelligence du coeur. Une guitare et quelques cordes, de l’humour et de l’émotion, de la poésie et une douce impertinence. Et la cerise sur le gâteau : ce CD est un album live enregistré avec un public d’enfant. Un régal !

Raphy Raphaël : « Pachamama », Distrisound.

Mosquito (supplément Télémoustique), 8 novembre 2003. (Belgique)

Raphy enchanteur d’enfances

Publié le Samedi 20 novembre 1993

Autre personnage à s’être fait un nom dans le petit monde de la chanson jeunes pulics, Raphy Rafaël, en se transformant cette fois en Chanteur d’enfances, a voulu bien sûr s’adresser aux mômes mais aussi éveiller en nous l’enfant qui sommeille. Dans une parfaite sobriété, il évolue en scène avec une aisance et un charme à ce point naturels qu’ils mettent le spectateur en confiance. Il y a aussi chez lui une fine connaissance de l’enfant et de ses réactions qui se traduit dans une poésie toute en nuance et en subtilité. Ajoutez-y le petit zeste d’humour indispensable qui achève de gagner le public à votre cause.

Raphy Rafaël | novembre 1993

Et puis il y a l’accompagnement. Exceptionnel dans sa discrétion. Quasiment de la musique de chambre s’il n’y avait la guitare flamenco d’Alain Everts (Raphy a des origines espagnoles qui expliquent ce chapeau noir qui lui donne des airs d’hidalgo qui, lui aussi, sait se servir d’une « gratte ») pour mêler sa couleur aux accents plus classiques des deux violoncelles (caressés par Pascal Mattot et Jean-Paul Zanutel) et de la contrebasse (domptée par André Klénès).
Bref, un spectacle d’un professionnalisme exceptionnel,sans que cela ne nuise en rien à l’émotion qu’il transmet. Raphy ? un chanteur d’enfances…

J.D. et F.C.
Une autre chanson – novembre 93

Le Vif | Chanson Culture | enfances buissonnières | L’Express | 12/1992

Publié le Vendredi 25 décembre 1992

Il se dit chanteur d’enfances. Et les enfances s’égrènent note à note dans ses chansons. De jolis greffons pour la lente, mais sûre, éclosion d’un talent.

Le Vif | Raphy Rafaël

© M.Glik

Le cœur a ses gourmandises que la chanson n’ignore pas. Si c’est en toute complicité que le jeune public de Raphy chante en chœur « Bon papa, bonne maman / Je les aime comme du caramel coulant / Bonne maman, bon papa / Je les aime comme du chocolat », son nouveau spectacle – quatorze chansons dont neuf inédites – apporte des friandises, si exquises, que le premier souhait est qu’elles fondent lentement, très lentement, dans l’oreille.

Raphy au milieu de la scène. Comme une pièce magique qui aimante les musiciens disposés en fer à cheval autour de lui. Encore un signe de porte-bonheur ! Et ce bonheur, Raphy le donne sans forcer la note, sans ânonner ou tordre la note. Une joie dont les saveurs sont à partager autant par les petits que par les grands. La complicité trouve là sa juste mesure ; deux violoncelles, une contrebasse, une guitare flamenca et les notes s’égrènent, les mots flambent sans consumer le rapport d’intimité qui les unit au public. Une mise en scène où tout s’installe discrètement dans un écrin chaud et chatoyant. C’est aussi la magie des éclairages : la flamme qui noue, dénoue sa couronne aux doigts des musiciens, au bois et aux éclisses des instruments. Symphonie de rouge, d’orange, de brun, de miel.

Raphy tendresse. Ses mots ne sont pas ceux qu’on tient en laisse, trempés dans l’amidon, fardés ou enrobés de mauvais sucre. Ils disent simplement la vie, le désir, les plaisirs, mais aussi, en les dédramatisant, la douleur, la mort, le passé, le présent.

Raphy ludique, espiègle, clignant de l’œil comme on cligne du cœur pour que le rire noie dans l’humour les larmes, les ricanements, plus bêtes que méchants, « Aujourd’hui, explique-t-il, je défends les chansons de passage, plus initiatiques. Quand on est enfant, on a besoin d’entendre des choses de ce style-là, qui aident à passer une étape, à grandir, à aller plus loin. »
Raphy si simple, si vrai. Juste les mots pour le dire, les notes pour chanter comme dans un de ses anciens textes : « Le plus beau rêve, c’est un peu comme une sève, comme une graine qui s’arrose à la fontaine de l’enfance apprivoisée. »

Maurice Peeters
Le Vif

Raphy | le conteur d’enfance

Publié le Dimanche 20 décembre 1992

Le dernier spectacle de Raphy, présenté en création à la Maison de la Culture de Namur, est une véritable petite merveille de précision créée autour d’un poème de Gilles Vigneault.
Comme une ritournelle, il est le fil conducteur d’une histoire sienne et celle de son public composé d’enfants et d’adultes.
« Une boîte en soie pour cacher sa joie,
Une boîte en laine pour cacher sa peine,
Une boîte en or pour cacher la mort,
Une boîte en fleur pour cacher son cœur. »

Tel un funambule sur un fil d’Ariane, il brave le risque et se présente au danger (le public) avec pour seules armes l’émotion cristalline du silence, la limpidité de sa voix, la luminosité suave de la lumière, l’authenticité de ses sentiments, la précision acoustique du son, la maîtrise de l’alternance des rythmes, la candeur de la musique, la complice virtuosité de quatre musiciens, la présence magique de son chapeau… et l’envie de donner.

Raphy, c’est tout d’abord une voix… Chaleureuse lorsqu’elle vous dit bonjour, vibrante et sincère lorsqu’elle chante « A capella », forte lorsque l’émotion est puissante, douce lorsqu’il s’agit de câlineries.

Raphy, c’est aussi la musique et ses silences. Il joue avec la musique comme une fée de son diadème. Tout se passe si naturellement !

Le rythme et les silences collent à l’émotion qu’il désire faire passer. L’enfant envieux de participer par la voix et le geste se voit, dans un premier temps, désarçonné pour ensuite observer, écouter et goûter l’ambiance.

Raphy, c’est surtout un conteur d’histoires vraies… Point d’artifices ou de jeux scéniques théâtralisés, l’important est dans le texte poétisé qui entrevoit, de manière courte et lucide, les choses de la vie les plus mystérieuses ; la conception, la naissance, l’école, les parents, les joies, les peines, la mort…

De ce spectacle intimiste et non banal, l’enfant – tout comme l’adulte – en ressort enrichi en tout point.

De manière subreptice, sans embage, il a appris la musique, le silence et la vie. N’est-ce pas cela la première mission d’un conteur et jongleur d’enfance ? A voir à tout prix de 6 à 96 ans !

Vers l’Avenir – Décembre 92