Tubize | concerts | A Choeur Ouvert | La Libre | 28/03/07
Concerts inhabituels à Tubize avec Raphy Rafaël et 450 enfants de la région. Choral.
Rafaël, toujours « A Chœur ouvert »

Petite école de campagne perdue au milieu de nulle part, entre soleil et champs au chœur du généreux mois de mars. A dimension humaine, la cour de récré des primaires de Saintes respire le calme et la joie de vivre. Loin de certaines jungles traversées en ville. L’heure de midi s’achève. La cloche sonne et les enfants entrent calmement en classe, fin prêts pour l’atelier chant, celui qui les mènera sur la scène du Théâtre du Gymnase à Tubize, ces 28 et 29 mars. Sages comme des images, ils prennent « l’affaire » très au sérieux et suivent à la note prêt les instructions de Nedjelka Candina, leur chef de chœur. Et l’on fond, bien entendu, comme neige au soleil dès les premiers couplets.
LIBERER LES EMOTIONS
Depuis « Les Choristes », le succès du chant choral n’est plus à démontrer. Chanter, a fortiori ensemble, libère les émotions, la colère, la joie, la tristesse, la rage ou l’allégresse. Bernard Foccroulle, directeur du Théâtre de la Monnaie, ne cesse de le rappeler, lui qui regrette que les cours de chant, dotés il est vrai d’une réputation parfois très chahutée, aient disparu de l’éducation.
Raphy Rafaël ne dira pas le contraire, emporté, depuis plusieurs années, par ce « Chœur Ouvert » qui réunit enfants, musiciens et adultes accompagnants sur scène. Guitares, contrebasse, accordéon et percussions sont aussi de la partie.
En l’an 2000, à Tremblay en France, le chanteur hispano-belge crée « A Chœur Ouvert ». Ce projet humain enthousiaste et fédérateur, met en scène les forces vives d’une ville, d’une région. Il rassemble les adultes et les enfants, les artistes et les amateurs autour d’un même objectif. Il ne s’agissait là que de la première étape d’une tournée qui passera, entre autres, par Clichy-sous-Bois, la Belgique, Montréal et Villeparisis.
Emballés par le projet, les centres culturels d’Ittre et de Tubize ont décidé, eux aussi, de relever le défi : réunir 220 enfants pour mener à bien ce concert. D’emblée, l’appel à candidats rencontre un tel succès qu’il faut doubler les séances et passer à deux chœurs d’enfants de 8 à 12 ans issus des écoles, tous réseaux confondus, de Tubize, Saintes, Ittre, et Virginal. A quelques jours du spectacle, le chanteur et quelques choristes content leur aventure.
Né en Afrique noire, Raphy Rafaël baigne dans la musique depuis sa plus tendre enfance.
A 12 ans, il apprend la guitare, à 15 ans, il commence à écrire des chansons. Que ce soit en français ou en espagnol, il aime autant s’adresser aux enfants qu’à ceux qui les aiment et les considèrent. Souvent en tournée, en Belgique comme en Afrique ou Amérique latine, il est l’auteur et interprète de chansons comme « Bon papa grand-père » dont le succès le dépasse complètement. Régulièrement chantée aux enterrements ou aux fêtes de famille, elles entrent dans la vie des gens, le plus beau cadeau dont puisse rêver l’artiste.
Tout comme les succès de ses spectacles, « À Chœur Ouvert » qui poursuivent leur belle épopée. « C’est un projet de métissage. Je voulais proposer une autre cuisine aux enfants, une autre manière d’aborder les chansons. C’est un grand bonheur pour moi, en tant qu’artiste, de m’intégrer dans un projet d’éducation tel que celui-là», explique Raphy qui rencontre les participants au lancement du concept, à mi-chemin et pour le final. Entre-temps, les ateliers sont menés de baguette de maître par Nedjelka Candina.
PREMIER DES ARTS
« Pour les enfants c’est une école de spectacles, le contre-pied de la Star ‘Ac. On n’est pas là pour être meilleur que son voisin, mais pour donner le meilleur de soi. La vie, la mort, l’amour seront au menu. Pourquoi par la chansons ? Tout simplement parce qu’elle est le premier des arts. Dans le ventre de nos mères, nous y étions déjà sensibles. C’est le premier apprentissage de la symbolique de l’émotion artistique », déclare R. Rafaël. Pour les enseignants, participer à un tel projet les aide également à retrouver leur voix. Comme les enfants, ils se sentent grandis par l’aventure et voudraient redonner plus de chant en classe.
Laurence Bertels